Germanie Inférieure

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Cuisine de rue romaine

Après la victoire de César, la Germanie disparait du champ de vision des historiens romains; au cours des prochaines années, leur attention est attirée par les guerres civiles au sein de l’Empire.

Agrippa et les Ubiens

Ce ne que dans le cadre des gouvernorats d’Agrippa que nous entendons de nouveau de la frontière du Rhin. Agrippa est un ami proche d’Octavien, héritier de César, le futur empereur Augustus. Au cours de ses deux gouvernorats des Gaules en 39/38 et en 20/18, il fait construire des garnisons et des routes militaires. Autour de 16/15 avant J.-C., une voie romaine mène de la ville romaine Augusta Treverorum (le Trèves d’aujourd’hui) à Neuss en Germanie sur laquelle des troupes et des équipements peuvent être envoyés à la frontière du Rhin.

À l’époque, les Ubiens vivent sur la rive droite, entre les rivières Sieg et Main. Ils font du commerce avec les Romains, et beaucoup des hommes Ubiens se battent comme troupes auxiliaires dans l’armée romaine – même contre d’autres Germains. Ainsi, ils se font des ennemis parmi leurs voisins germains et sont en danger d’être anéantis. Alors Agrippa intervient; il traverse le Rhin avec ses troupes, combat les Germains et réinstalle les Ubiens sur la rive gauche – probablement lors de son premier gouvernorat en 38 av. J.-C. De la ville d’Aachen jusqu’à la vallée de l’Ahr, les Ubiens construisent leurs colonies, parmi elles Bonn et bien sûr le « oppidum ubiorum », plus tard Colonia Claudia Ara Agrippinensium, aujourd’hui Cologne.

L’attaque de Rome: Drusus et Tibère

Après une défaite désastreuse contre les Sugambres germaniques en 15 avant J.-C., l’empereur Auguste prépare une attaque à grande échelle et commande cinq, peut-être même six légions au Rhin. Outre Nimègue (Noviomagus) et Neuss (Novaesium), les légions s’installent à Xanten (Vetera) à l’embouchure du fleuve Lippe, à Mayence à l’embouchure du fleuve Main, à Moers / Arsberg (Asciburgium) à l’embouchure du fleuve Ruhr, et également à Bonn (Bonna), à l’embouchure du fleuve Sieg, fondé par les soldats de Drusus environ 11 avant J.-C. Au même temps, les Romains conquièrent une grande partie de l’Allemagne du Sud d’aujourd’hui, et le Danube devient la nouvelle frontière. La célèbre ville d’Augsbourg en Bavière est fondée à l’époque.

Le général Drusus conquiert de vastes régions entre les fleuves Rhin et Elbe. Sur le chemin du retour, il tombe de son cheval et meurt des blessures subies. Alors son frère Tibère, le futur empereur, devient commandant en chef à la frontière du Rhin (8-7 avent J.-C.) Avec une double stratégie de supériorité militaire et de diplomatie habile, il réussit à pacifier les tribus germaniques entre les fleuves Rhin et Weser. Les Sugambres, encore ennemis acharnés de Rome, sont réinstallés sur la rive gauche du Rhin.

Rome suppose qu’elle a atteint ses objectifs. Aux fleuves Rhin, Lippe, Ems, Lahn et au bord de la mer du Nord les Romains construisent des nouvelles bases militaires et organisent leur administration, et même la colonie civile de Waldgirmes en Hesse est construite. Mais déjà dans l’année 1 après J.-C. une révolte éclate en Germanie, l’historien romain Velleius Paterculus parle d’un « immensum bellum » en Germanie. C’est seulement dans les années 4-6 que Tibère et son armée peuvent réprimer la révolte et remettre la Germanie entre les fleuves Rhin et Elbe sous contrôle romaine. Mais alors une rébellion en Pannonie et Dalmatie éclate et Tibère doit partir pour l’écraser. Le haut commandement en Germanie est attribué à Publius Quinctilius Varus.

La bataille du Teutoburger Wald

Varus est déterminé à imposer la loi romaine en Germanie, et de la transformer en province romaine. Mais au mois de Septembre de l’année 9 après J.-C., Varus et trois légions romaines sont pris en embuscade et massacrés dans la forêt de Teutoburg. La révolte est commandée par le Chérusque Arminius, élevé à Rome et commandant des auxiliaires germaniques dans l’armée romaine. A Rome, l’empereur Auguste est choqué. L’historien romain Suétone rapporte qu’il s’est cogné la tête contre la porte, tout en criant, « Varus, Varus, rends-moi mes légions! » Ne plus jamais n’attribue-t-il les noms des légions perdues, mais il ne change pas sa politique à l’égard de la Germanie non plus. Peu de temps après, 8 des 25 légions romaines se trouvent à la frontière du Rhin. Encore une fois Tibère est commandeur en chef, et il réussit à pacifier la frontière.

Présence militaire à la frontière du Rhin

Après la mort d’Auguste, Tibère monte sur le trône. Le haut commandement à la frontière du Rhin est attribué à un autre membre de la famille impériale: Germanicus, fils de Drusus et neveu de Tibère. Comme son père, il veut mettre la Germanie sous domination romaine, et il veut se venger. En 15, Germanicus arrive sur le site de la bataille de Varus et enterre les morts. Sur le chemin du retour, une partie de son armée est piégée et presque anéanti. L’année suivante, Germanicus envahit de nouveau le territoire des Chérusques dans de la rivière Weser. Une bataille féroce à lieu à Idistaviso, près de la ville Minden d’aujourd’hui. Arminius est grièvement blessé, pourtant ce n’était pas une victoire décisive pour les Romains. Peu de temps il y a une autre bataille au Angrivarierwall, encore une fois les Romains prévalent, mais leurs pertes sont si lourdes que Germanicus doit abandonner la campagne.

A Rome, l’empereur Tibère se rend compte que les campagnes coûtent la vie de toujours plus de soldats romains sans remporter une victoire décisive. En hiver 16/17, il rappelle Germanicus. Désormais, il veut sécuriser la Gaule romaine par une forte présence militaire à la frontière du Rhin. De Bonn dans le sud, Cologne, Neuss, Xanten, Nimègue et Utrecht aux Pays-Bas jusqu’à la mer du Nord, des soldats romains sont stationnés. La Rhénanie fait part de la zone militaire Germanie inférieure. Sur la rive gauche, les Romains construisent non seulement des camps, ports et voies, mais aussi des habitations civiles. Ils cultivent le terrain, et déjà peu de temps après les manoirs romains (villae rusticae) peuvent fournir les légionnaires.

Des pierres du Drachenfels

Bien que notre région fasse part de la libre Germanie, elle reste importante pour les Romains, surtout pour des raisons économiques: à partir de 50 environ, les romains exercent des carrières au Mont Drachenfels. Ils y extraient des grandes quantités de trachyte et les transportent vers le nord. À Bonn et Cologne, même à Xanten et à Nimègue trachyte de Drachenfels est utilisé. En particulier, les légionnaires à Bonn ont besoin de pierres. Au sud du camp militaire, il y a une colonie civile, en latin « Vicus bonnensis ».

Quand les archéologues étudiaient le terrain en 2006, ils étaient fort impressionnés par leurs découvertes – le Vicus Bonnensis était une ville romaine avec tout confort! Bonna avait même un port, et lors du règne de l’empereur Claude, la voie romaine entre Bonn et Mayence est achevée. Beaucoup de découvertes sont présentées au Maison de l’Histoire de la République fédérale d’Allemagne à (Haus der Geschichte der Bundesrepublik Deutschland) à Bonn.

Colonia Claudia Ara Agrippinensium

Le général Germanicus et sa femme Vipsania Agrippina, une fille d’Agrippa, ont neuf enfants dont une, Agrippine la Jeune, est née à Cologne pendant les années de campagnes contre les Germains. Elle est mère du futur empereur Néron et devient l’épouse de l’empereur Claude plus tard. C’est à elle que Cologne doit sa position exceptionnelle en tant que colonie romaine Colonia Claudia Ara Agrippinensium. Agrippine est très conscient de son pouvoir et ne recule ni de conspirations ni de meurtres. Elle meurt assassinée sur ordre de son propre fils Néron.

Révolte batave

Dans la dernière année du règne de l’empereur Néron, l’Empire romain tombe dans une crise de l’Etat (68/69) qui implique les légions du Rhin. Une guerre civile sanglante éclate entre Vitellius, soutenue par les légions du Rhin, et Vespasien, soutenu par les légions du Danube. Quand Vitellius ordonne qu’on recrute plus des troupes auxiliaires parmi les Bataves en Hollande d’aujourd’hui, ceux-ci se révoltent contre Rome, dirigé par Iulius Civilis, un ancien officier romain. D’autres tribus germaniques les joignent. Les garnisons de Xanten et Bonn sont détruites pendant la rébellion, Cologne est conquise et pendant un certain temps le siège de Civilis. Finalement, Vespasien défait Vitellius et monte sur le trône (69-79).

Alors il a des troupes à ses ordres pour écraser la révolte batave. Elle doit avoir été une menace sérieuse pour lui puis qu’il envoie huit légions à Germanie inférieure, pendant que son fils Titus encore fait la guerre en Judée. En 70, les Bataves et leurs alliés sont vaincus, et Rome rétablie sa maîtrise en Germanie. Vespasien peut consolider l’empire: en Germanie inférieure, les villes et les forts détruits sont reconstruits, et Bonn obtient une nouvelle garnison en pierres. En 74, Vespasien établit le contrôle romain sur Champs Décumates, le territoire entre les rivières Rhin et Danube, aujourd’hui cette région fait part de Bade-Wurtemberg. Ainsi, la frontière devient beaucoup plus courte et plus facile à défendre.

Le Limes

Le fils cadet de Vespasien, Domitien (81-96) traverse le Rhin avec ses troupes et vainc les Chattes germaniques en deux guerres (83-85). Après cette démonstration de puissance militaire romaine, il établit les provinces Germanie inférieure et Germanie supérieure. Germanie Inferieur comprend les régions qui sont aujourd’hui le sud des Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, une partie du nord-est de la France, et du nord-ouest de l’Allemagne. La capitale est Colonia Claudia Ara Agrippinensium, l’actuelle ville de Cologne.

La Germanie Supérieur comprend la haute vallée du Rhin avec la région du fleuve Nahe et du lac de Constance, une grande partie de la Suisse et de la France de l’Est, ainsi que le sud-ouest de l’Allemagne (Champs Décumates) sur la rive droite du Rhin. Afin de protéger les riches provinces de Germanie Supérieure et Rhétie, Domitien fait construire le Limes – une fortification de frontière qui s’étend de Rheinbrohl en Rhénanie-Palatinat jusqu’à Eining en Bavière d’aujourd’hui. Pourtant, le limes n’est pas une frontière imperméable par laquelle l’Empire romain se renferme; pour cent ans à peu près, il y a des échanges pacifiques avec la Germanie libre.

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