Le temps des Hohenstaufen

Château fort Löwenburg, empereurs, blasons
Château fort Löwenburg, empereurs, blasons

Dans les Siebengebirge, les châteaux forts Drachenfels, Löwenburg et Rosenau ainsi que l’abbaye de Heisterbach nous rappellent l’époque des Hohenstaufen. De toute évidence, il y a beaucoup de choses à rapporter sur leurs temps.

Le temps de Frédéric 1er

Barberousse

Frédéric 1er Barberousse (1152-1190) était l’épitomé de l’empereur médiéval. Pourtant, c’était lui qui a dû apprendre qu’après la Querelle des Investitures, les papes ne se soumettaient plus à l’autorité de l’empereur.

Politique italienne

Pour de nombreuses années, Frédéric se battait contre les villes nord-italiennes et les papes, ou tous les deux à la fois. Pour lui, il s’agissait de défendre les droits et l’honneur de l’Empire, car l’Italie du Nord faisait par de l’empire depuis l’époque d’Otton 1er. Du point de vue des villes du nord de l’Italie, cependant, il s’agissait d’une injustice flagrante. Enfin, Barbarousse a dû accepter la situation et faire la paix. Vers 1254, au milieu de la querelle avec le pape, le nom de Saint Empire romain est apparu dans les chancelleries des Hohenstaufen.

À l’époque dans les Siebengebirge

Notre région appartenait au Saint Empire romain, et les seigneurs des Siebengebirge agissaient autour des puissants archevêques de Cologne. C’est pourquoi nous regardons ici le contexte historique.

Les archevêques puissants

Les archevêques de Cologne étaient des personnes très importants dans le Saint Empire romain. En fait, ils ont le privilège de couronner les rois et ils sont les chanceliers.

Rainald von Dassel, chancelier de Frédéric 1er Barberousse, a beaucoup influencé la politique rigide envers l’Italie du Nord. Des missions diplomatiques l’ont emmené à l’étranger, également à la cour d’Henri II Plantagenêt pour le gagner au côté de Barberousse contre le pape. Après la défaite et la démolition de Milan en 1162, il a emporté les ossements des Trois Rois Mages comme butin de guerre à Cologne.

Le château fort Drachenfels

Dans notre région, les montagnes Drachenfels et Wolkenburg avec le château fort faisaient part du territoire des archevêques de Cologne. Mais leur suprématie dans la région était de plus en plus disputée par les comtes de Sayn et les comtes de Berg. En 1139, les comtes de Sayn avaient même assiégé le comté de Bonn. Alors, en 1140, l’archevêque de Cologne Arnold I de Merxheim a fait construire un château fort au sommet du mont Drachenfels.  En 1167, le château fort Drachenfels était achevé. C’était un château fort au sommet d’une colline, donc bien protégé par sa position et ses bretèches. Des attaquants ne pouvaient guère apporter de l’équipement de siège lourd, et ils étaient aussi exposés aux flèches en feu et aux pierres.

Les cisterciens et Heisterbach

Après l’empereur, l’archevêque de Cologne, Philipp von Heinsberg (1167-1191), était l’homme le plus puissant de l’Empire. Il se disputait même avec Barberouge le roi lui-mêm. En 1189, l’archevêque demande aux moines cisterciens de s’installer dans les Siebengebirge. Les moines ont construit un ermitage en honneur de Marie sur une montagne appelée le Stromberg. Ils l’ont consacreé au Saint Pierre, ainsi la montagne a obtenu son nouveau nom – Petersberg (montagne de Saint Pierre). Mais peu après ils ont abandonné mont Petersberg pour vivre dans une vallée proche, la vallée de Heisterbach. Sous le second abbé Gevard (1196-1209) et le troisième Henri I (1208-1240), ils ont construit leur l’église.

Troisième croisade

Enfin, la paix régnait dans l’empire, Barberousse était respecté de tous côtés. Son fils aîné et héritier du trône, Henri VI, faisait déjà part du gouvernement. En 1186, il avait épousé Constance de Hauteville, princesse héritière du royaume de Sicile.

Pourtant, des nouvelles alarmantes du Moyen-Orient sont arrivés. En juillet 1187, les Arabes sous le sultan Saladin avaient écrasé une armée chrétienne, en octobre. Alors, en 1189, le vieil empereur a pris la croix et s’est mis en route pour la Terre Sainte.

C’était la « Croisade des Rois », car Philippe II de France et Richard I Coeur de Lion d’Angleterre avaient également pris la croix. Mais pour les chevaliers allemands, la croisade s’est terminée par une catastrophe. L’empereur est mort en se baignant dans une petite rivière de montagne en Anatolie. D’innombrables personnes et animaux sont morts d’épuisement, de faim et de soif et dans les batailles constantes sur le chemin ; ils n’ont jamais vu Jérusalem. Sur les quelque 15 000 chevaliers qui étaient sortis, seuls 1 000 sont revenus. L’un des rares à être revenu était le Comte Henri II de Sayn.

Le temps d’Henri VI

Après la mort tragique de Barbarossa, son fils Henri VI est monté sur le trône. Pendant son court règne (1190-1197), il était plus puissant que tous ses prédécesseurs.

Henri et Richard Coeur de Lion

C’est lui l’empereur qui a tenu captif le roi de l’Angleterre Richard 1er Cœur de Lion pour plus d’une année. Les films de Robin Hood se situent à ce temps-là. Richard a aussi dû prêter des otages, entre eux était son neveu Otton, plus tard le roi Otton IV. Enfin, en 1194, sa mère Aliénor d’Aquitaine a livré le rançon incroyable, et Richard a été libéré. Après une grande fête à Cologne, on l’a accompagné en Angleterre.

L’empire mondial court

Avec la rançon de Richard Coeur de Lion dans le trésor de guerre, Henri a conquis la Sicile. Du point de vue du pape à Rome, son cauchemar était devenu réalité. Le 25 décembre 1194, il a été couronné à Palerme ; un jour plus tard, son fils Frédéric est né. L’empire était une puissance mondiale, mais l’empereur était détesté.

Henri VI est mort très tôt en Italie. Sa mort soudain a laissé l’Empire en chaos, même anarchie. Son fils Frédéric n’avait que deux ans, et sa veuve Constance a rompu avec les Hohenstaufen et l’Empire.

Le temps d’Otton IV

La guerre pour le trône (1198-1208)

Une période terrible a commencé en 1198, quand la guerre pour le trône a éclaté entre Philippe de Souabe et Otton IV de Brunswick. Philippe était le frère cadet du défunt empereur Henri VI. Otton était Welf par son père Henri le Lion, et Plantagenêt par sa mère Mathilde d’Angleterre et son oncle Richard I Coeur de Lion. Comme c’était Cologne qui avait lancé la candidature d’Otton, la Rhénanie a été dévastée.

Quand il paraissait que Philippe avait défait Otton, il a été assassiné en 1208. Par la suite, Otton régnait comme roi et depuis 1209 comme empereur.

L’Angevin au trône impérial

Alors qu’il y a beaucoup de livres en hommage des Hohenstaufen, Otton était presque oublié, et il avait mauvaise presse. Sa mère, Mathilde Plantagenêt, était la sœur de Richard Cœur de Lion, ainsi il était le petit-fils d’Aliénor d’Aquitaine et neveu bien-aimé de Richard. Il passait son enfance et son adolescence avec lui à la cour angevine parce que son père Henri le Lion, l’adversaire de Barberousse, avait été exilé. Comme enfant, Otton était l’un des otages que Richard avait du prêter au roi Henri VI.

Otton est un guerrier capable, il avait appris avec Richard, mais il n’était pas cruel. Par exemple, il ne jamais fait usage du « droit impérial » de détruire des villes vaincues pour se venger, et souvent interdit à ses troupes de piller.

À l’époque dans les Siebengebirge

Césarien de Heisterbach, le chroniste

Le plus célèbre parmi les moines de Heisterbach était Césarien qui y vivait de 1198 à 1240. Nous le connaissons comme maître des novices par ses livres éducatifs, surtout le « Dialogus Miraculorum ». En outre, il est un chroniqueur important des événements politique de son temps. Il a raconté la guerre pour le thrône entre Otton IV et Philippe ainsi que la morte violente de l’archevêque Engelbert de Cologne. Il a aussi rédige l’histoire de la vie de la Sainte Isabelle d’Hongrie en préparation de sa canonisation.

Le château fort Löwenburg

Les comtes de Sayn restaient fermement aux côtés d’Otton. Une querelle acharnée ragait entre eux et Dietrich de Landsberg, un partisan des Hohenstaufen. C’était le comte Heinrich II von Sayn qui a fait construir le château fort Löwenburg pendant son règne (1172-1202).

Avec leur château fort de Blankenberg, situé dans la vallée de la rivière Sieg, le château sur la Löwenburg assure la défense du territoire Sayn.

Campagne en Sicile et Bouvines

Mais quand Otton a repris la politique des Hohenstaufen et a cherché à s’imposer en Italie du Sud, le Pape a rompé aves lui et s’est mis à soutenir Frédéric II de Hohenstaufen qui vivait depuis son enfance en Sicile.

De nouveau, une guerre a éclaté. Pour quelques années, ni Otton IV ni Frédéric II prévalaient. Finalement, en 1214, Otton IV a aidé son oncle Jean Sans Terre d’Angleterre dans la bataille de Bouvines contre le roi de France. Il a souffert une défaite cruciale qui a tracé la voie a Frédéric.

Le temps de Frédéric II

Déjà ses contemporains l’appellait « stupor mundi » (l’étonnement du monde), à cause de ses connaissances extraordinaires. De langues, philosophie, astronomie, mathématique, médecine, sciences naturelles et aussi des cultures étrangères, en particulier la culture arabe.

Le Sicilien au trône imperial

Frédéric passait la plus grande partie de sa vie en Italie du Sud, son pays d’origine. Ici, il a rédigé son œuvre législatif, écrit son livre célèbre sur les faucons, « de arte venandi cum avibus », et ici il a construit son château « Castel del Monte ».

En Allemagne, il a cédé de droits et du pouvoir aux ducs de sorte qu’ils sont arrivés à être les seigneurs de leurs terres. C’était un changement de politique cruciale parce qu’alors le pouvoir royale déclinait de plus en plus, tout en amenant une période d’instabilité politique et une monarchie dans laquelle le véritable pouvoir était dans les mains des ducs.

Toutefois, cet empereur si curieux et ouvert a décrété des lois très rigides contre hérésie qui condamnaient les coupables à mourir sur le bûcher. Il faut souligner que pour lui, hérésie n’était seulement un crime contre l’Eglise, mais aussi une crime contre la majesté de l’empereur.

À l’époque dans les Siebengebirge

Le château fort Rosenau

En ce temps-là il y avait un petit château fort sur la montagne Rosenau. Malheureusement, nous ne savons presque rien de lui. En 1227, un certain Dietrich de Dorndorf est apparu dans la région et s’appellait Dietrich de Rosenau par la suite. Il est mort en 1243, et déjà la même année sa famille a vendu le château fort à l’abbaye de Heisterbach, qui l’a détruit en 1250 à peu près.

L’inquisiteur porte plainte contre le comte de Sayn

Le comte Heinrich III de Sayn, seigneur du château fort Löwenburg, était un noble très respecté et un homme courageux. Pourtant, en 1233 l’inquisiteur Konrad de Marburg l’accusé d’hérésie. A l’époque, c’était comme une condamnation à la mort. Comme le comte était un homme fort puissant, il a réussi à porter son affaire devant un tribunal laïque. Celui-ci l’a proclamé innocent, et ainsi il a sauvé sa vie.

Siebengebirge histoire, Haut Moyen Age, châteux fortsPour en savoir plus sur les châteaux forts dans les Siebengebige et leurs seigneurs, veuillez consulter les articles détaillés :
Château fort Drachenfels
Château fort Löwenburg
Rosenau

La fin des Hohenstaufen

Pendant le règne de Frédéric II, le conflit entre les empereurs et les papes s’est terminé de manière tragique, la « lutte finale » était une guerre ayant pour but l’extermination. En vain des nobles allemands, entre eux le comte Henri III de Sayn, ont essayé de servir de médiateurs.

Frédéric II est mort en Décembre 1250 à Castel Fiorentino. La haine du pape l’a suivi au-delà de la mort. Ses fils Manfred et Conrad ainsi que son petit-fils Conradin ont été tués dans la lutte pour leur héritage. Le Sud de l’Italie a été perdu à jamais.

Moyen Âge
Moyen Âge central | Rois saxons et saliens | Dynastie de Hohenstaufen | Moyen Âge tardif

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