Le temps de Guillaume II

Siebengebirge histoire, le temps de Guillaume II
Guillaume II, Rhin à Königswinter

Allemagne, vers 1900, la « Belle Époque ». Pour de nombreuses personnes la vie est belle. C’était le temps de la peinture impressionniste et expressionniste, de l’architecture de l’historicisme et – s’éloignant des styles anciens – de l’art nouveau.

Guillaume II

Le dernier empereur allemand était une figure très controversée. De nos jours encore on se souvient de ses discours vantards et ses écarts de langage, à l’époque ils créaient l’image laide de l’empereur allemand agressif. Mais à l’intérieur il souffrait de son instabilité émotionnelle et des dépressions. Sa naissance était une expérience traumatisante pour la mère et l’enfant. Son bras gauche restait endommagé, ce qui était une catastrophe pour le prince héritier et sa mère. Dans les années suivantes, il devait se soumettre à toutes sortes de traitements médicaux qui semblaient souvent de la torture. Son bras endommagé pesait sur Guillaume toute sa vie, il le cachait et blâmait sa mère. À son tour, elle se plaignait de son fils et n’en disait que du mal. Guillaume aimait son grand-père allemand Guillaume Ier et sa grand-mère britannique, la reine Victoria.

Le jeune empereur voulait être un bon monarque à ses sujets, aussi et surtout pour les pauvres. Quand les mineurs de charbon de Silésie ont fait la grève, il a reçu une délégation au lieu d’envoyer ses troupes pour réprimer la grève, comme Bismarck l’avait suggéré. Quand Bismarck a proposé une nouvelle loi antisocialiste même plus rigide, Guillaume l’a rejettée.

Malgré tous ses mérites, le temps de Bismarck était révolu. Le jeune empereur ne voulait pas rester dans l’ombre du vieux chancelier trop puissant. Bismarck, par contre, qui avait était le deuxième plus puissant, voire le plus puissant depuis près de trente ans, se sentait dégradé et n’avait pas l’intention de céder le pouvoir à Guillaume. Enfin, en Mars 1890, Bismarck a dû démissionner. Déshormais, Guillaume voulait régner lui-même et ne tolérait pas de chanceliers trop puissants.

L’Etat moderne et industrialisé

L’Empire avait fait de grands progrès dans le domaine de l’économie et de l’industrie. Guillaume se sentait le représentant d’une nouvelle génération, un monarque moderne et progressiste, qui aimait vivre dans un temps des énormes progrès sur le plan technique, au seuil d’un nouveau siècle où les choses continueraient à avancer. « Jours de gloire » (en allemand: « herrliche Zeiten »), comme il dit. Vice verse, pour beaucoup de gens Guillaume était le monarque parfait.

L’Allemagne de Guillaume II était un pays industrialisé moderne, un « lieu de haute technologie », comme nous dirions aujourd’hui. De plus, c’était la troisième puissance économiques du monde. Non seulement le fer et le charbon dans la région de la Ruhr, de la Sarre et de la Haute-Silésie, mais également les industries relevantes pour le futur – chimique, pharmaceutique, électrique et optique – contribueaint au progrès dynamique. A Berlin et dans d’autres grandes villes, on voyait des voitures, des tramways et de la lumière électrique. Au cours du XIXe siècle, la population avait augmenté rapidement. En Europe, de 175 millions en 1800 à 460.000.000 en 1904, en Allemagne à la même époque de 25 à près de 65 millions. Le revenu national a presque doublé de 1896 à 1912, et comme les salaires et les prix étaient stables, la population entière en bénéficiait. Enfin, le nombre des émigrants diminuyait.

À l’époque dans les Siebengebirge

Les carrières

Au XIXe et au début du XXe siècle, quand on construyait de plus en plus de routes et chemins de fer, on avait besoin de basalte. Alors on a ouvert de grandes carrières dans les montagnes Weilberg, Petersberg et Ölberg. Le front du Rhin dans le village voisin d’Oberkassel a été bientôt dévasté. Au mont Petersberg, il y avait des grandes carrière de basalte, une pierre qui résistait même à la plus grande pression. Grâce à la construction des chemins de fers et des chaussées, l’exploitation des pierres augmentait. En même temps, les dégâts causés au mont Petersberg alarmaient beaucoup de gens. Deux sociétés se sont formées pour sauver et protéger les Siebengebirge, un peu plus tard ils ont fusionné en une seule, le Verschönerungsverein für das Siebengebirge (VVS).

Alors il y avait un conflit d’intérêts : la protection de la nature contre les intérêts des propriétaires des carrières, mais aussi contre ceux des ouvriers. Et n’oublions pas ceux qui étaient aussi affectés, comme la ligne de chemin de fer Heisterbacher Talbahn.

Le Heisterbacher Talbahn

À l’époque, une petite ligne de chemin de fer, la Heisterbacher Talbahn (HTB) roulait de Niederdollendorf, dans la vallée, à travers d’Oberdollendorf, passant par l’abbaye de Heisterbach jusqu’au village de Grengelsbitze (tout près de Thomasberg). Pendant la semaine elle faisait du transport de marchandises et transportait les gens au travail et retour. Pendant les fins de semaine, les gens ont fait des excursion à l’abbaye de Heisterbach ou dans la nature.

Initiatives pour proteger les Siebengebirge

Entre-temps, le tourisme était également devenu un secteur économique important. De nombreuses personnes avaient découvert les Siebengebirge comme lieu d’excursion et dépensaient beaucoup d’argent dans les hôtels, restaurants etc. Vers l’année 1900, il y avait déjà un hôtel représentatif sur mont Petersberg. Plus tard, en 1914, son nouveau propriétaire l’a reconstruit de manière encore plus splendide. C’était Monsieur Ferdinand Mühlens, chef de « 4711, Eau de Cologne ». Après de longues discussions, des achats de terrain et litiges, la dernière carrière au mont Petersberg a été arrêtée en 1908. Mais l’exploitation des autres montagnes continuyait jusqu’à 1922 quand la région entière des Siebengebirge a été mise sous protection.

L’arrêt des carrières du Petersberg en 1908 était également la fin du transport de marchandises par la Heisterbacher Talbahn. Quelques années plus tard, des autobus et tramways confortables sont apparus. C’est ainsi qu’on a arrêté aussi le trafic passagers en 1926. Malheureusement, rien n’est resté de la HTB.

Un temps très innovant

Aussi dans le domaine de l’art, l’ère de Guillaume II était un temps très innovant. Il y avait les impressionnistes et les expressionnistes, la peintre Käthe Kollwitz, et des écrivains tels que Theodor Fontane, Gerhard Hauptmann et Heinrich Mann. Guillaume II cependant rejettaiat avec véhémence les arts modernes et la littérature contemporaine.

Si l’empereur a jamais vu un tableau d’August Macke (1887-1914)? Macke vivait à Bonn avec sa famille pour quelques années. Son domicile, August-Macke-Haus, Bornheimer Straße, est aujourd’hui un musée et ouvert aux visiteurs. August Macke et son ami Franz Marc (1880-1916) appartenaient au « Le chevalier bleu » (en allemand der Blaue Reiter) », qui avaient quelques grandes expositions dans les années précédant la guerre.

Un était autoritaire conservateur

Malgré les grands progrès sur le plan technique et économique, l’Empire restait au plus haut degré conservateur. C’était un état autoritaire. L’empereur Guillaume se considérait souverain par la grâce de Dieu. L’armée jouait le rôle principal et Guillaume portait toujours uniforme. Un candidat qui n’avait pas servi dans l’armée n’avait de chance d’avancer dans une profession civile non plus.

Le parlement, le Reichstag, a obtenu un nouveau bâtiment pompeux, mais il avait peu de prestige. L’opposition la plus dangereuse venait du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), qui a été légalisé à nouveau en 1890. Des magnats comme Krupp offraient des programmes de bien-être et de bons soins à leurs employés afin qu’il ne joignaient pas les socialistes et les syndicats. Toutefois, le SPD remportait de plus en plus de voix lors des élections générales jusqu’à 1912 quand il est devenue le groupe parlementaire le plus fort au Reichstag.

Une « place au soleil »

Guillaume II voulait être l’empereur d’une puissance mondiale et ce comportait ainsi, s’appuyant sur la force militaire et économique de son pays. L’Allemagne gagnait de nouvelles colonies, sa « place au soleil », comme on disait à l’époque. En outre, Guillaume faisait construire une flotte qui pouvait rivaliser avec celle de l’Angleterre. En dépit de la situation politique tendue dans le monde, il proclamait les exigences de l’Allemagne à haute voix et avec bruits de bottes.

La Grande Guerre

En 1907, deux fronts armés s’affrontaient : la Grande-Bretagne, la France et la Russie d’un côté et l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie de l’autre. Enfin, l’assassinat de l’héritier de l’Autriche-Hongrie le 28 Juin 1914 à Sarajevo (Bosnie) par un nationaliste serbe a déclenché la Première Guerre mondiale, la guerre la plus terrible l’Europe n’ait jamais vu.

En août 1914, les amis Macke et Marc se sont engagé dans l’armée au front de l’ouest. Macke est décédé en Septembre 1914 à Perthes-les-Hurlus, Marc lors de la bataille de Verdun en Mars 1916.

Rhénanie Prussienne et empire Allemand
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