Château fort Drachenfels

Tout au long du Moyen Âge, les archevêques de Cologne sont des hommes puissants. Nous avons ici une configuration politique particulière du Saint Empire romain : les archevêques de Cologne, Mayence et Trèves ne sont pas seulement de hauts dignitaires ecclésiastiques, mais aussi des acteurs politiques importants de l’Empire. Et oui, l’archevêque médiéval de Cologne doit tenir son épée et son bâton épiscopal prêts. Ils règnent sur de vastes territoires, obtiennent le droit de percevoir des péages le long du Rhin et de construire des fortifications. Depuis l’époque de l’archevêque Hermann II (1036 – 1056), ils ont le droit de couronner les rois d’Aix-la-Chapelle. À partir du XIIIe siècle, ils sont parmi les princes-électeurs qui ont le privilège d’élire les monarques, on les appelle donc princes-archevêché.

Ils ont également leur mot à dire dans notre région. Depuis 1118, leur château-fort se dresse sur la montagne Wolkenburg; c’est le premier château-fort du Siebengebirge. Mais leur suprématie dans la région est de plus en plus contestée par les comtes de Sayn au sud et les comtes de Berg au nord. Pour fortifier sa position, l’archevêque Arnold Ier de Merxheim (1137-1151) donne l’ordre en 1140 de construire un château-fort sur les Drachenfels. Mais ses hommes pillent les villages environnants, détruisant des champs et des vignes. La plupart d’eux appartient au St. Cassius-Stift à Bonn, et son abbé Gerhard d’Are insiste pour que l’archevêque lui transfère le château. Mais ce n’est que lorsque l’archevêque lui-même a des ennuis qu’il cède: En 1149, le St. Cassius-Stift devient propriétaire du château-fort Drachenfels. En 1167, le château-fort Drachenfels est achevé. C’est un château-fort au sommet d’une colline, bien protégé par sa position et ses bretèches. Des attaquants ne peuvent guère apporte de l’équipement de siège lourd, et ils étaient également exposés aux flèches en feu et aux pierres.

Les burgraves

Le St. Cassius-Stift emploie des ministériels pour de gérer leur château-fort. Ce groupe de personnes, des nobles non libres, apparaissent à l’époque de Barberousse, ils assument des tâches administratives ainsi que militaires. Sur le Drachenfels nous rencontrons un homme appelé Godart, dont le nom « de Drachenfels » signifie qu’il a travaillé sur le château-fort Drachenfels, pas qu’il en est le propriétaire. Mais cet arrangement devient coûteux, et vers 1200, le St. Cassiusstift accorde le château-fort en fief à leurs ministériels, recevant une partie des revenus en retour. Vers 1225, le premier burgrave Heinrich de Drachenfels est mentionné dans les sources historiques. Burgrave sonne comme landgrave, mais alors qu’un landgrave était un membre de la haute noblesse, un burgrave appartenait à la basse noblesse.

Pierres du Drachenfels pour la cathédrale de Cologne

Les burgraves de Drachenfels passent par tous les états. En 1248, l’archevêque Konrad von Hochstaden pose la première pierre de la nouvelle cathédrale gothique de Cologne. Un bon temps pour les burgraves de Drachenfels commence. Le trachyte des Drachenfels est la pierre parfaite, et en 1273, le chapitre de chanoines de Cologne et les burgraves signent un contrat sur l’extraction du trachyte du Drachenfelspour la cathédrale – un énorme projet qui vite apporte une fortune considérable aux burgraves.

Quinze ans plus tard, ils sont impliqués dans la guerre régionale de la succession du Limbourg entre l’archevêque Siegfried II de Cologne et le duc Jean Ier de Brabant, et subissent une terrible défaite en 1288 dans la bataille de Worringen. L’archevêque lui-même et ses alliés, les burgraves de Drachenfels, Wolkenburg et le comte de Löwenburg, sont capturés par le comte de Berg et doivent lui jurer fidélité. La suprématie des archevêques en Rhénanie est perdue, de même leur règne sur la ville de Cologne, et ils ne s’en remettent pas.

Les burgraves du château-fort Drachenfels se remettent. À la fin du Moyen Âge, à l’époque des Luxembourgeois, on rencontre le burgrave probablement le plus célèbre Godart de Drachenfels, il a fait fortune avec le trachyte des Drachenfels. Des vastes terres sur la rive gauche du Rhin lui appartiennent, c’est pourquoi nous les appelons encore aujourd’hui « Drachenfelser Ländchen ». L’archevêque de Cologne lui doit beaucoup d’argent, en 1425, il doit lui mettre en gage la montagne Wolkenburg avec le château au-dessus, ainsi que le village de Königswinter.

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