L’époque de Bismarck

Époque de Bismarck, Siebengebirge histoire
Au Drachenfels

L’Allemagne, au début de l’époque de Bismarck. Guillaume Iᵉʳ  était un des plus célèbres monarques de la Prusse et de l’Allemagne. Pendant près de 30 ans, lui et son « chancelier de fer » Otto von Bismarck régnaient la Prusse, puis l’Allemagne.

Bismarck et l’unification

Entre tous les hommes politiques prussiens puis allemand, c’est lui qui surpasse la plupart des autres. Otto von Bismarck de Poméranie, qui a levé la Prusse à une position d’hégémonie parmi les pays de langue allemande et les a fait suivre son idée d’un empire unifié.

Bismarck exigeait que l’état multiethnique de l’Autriche cédait la primauté à la Prusse en majorité allemande. Son but était d’unifier l’Allemagne sous la primauté de la Prusse. « Ce n’est pas par les discours et les votes à la majorité que les grandes questions de notre temps seront décidées – ça a été la grande erreur de 1848 et 1849 – mais par le fer et le sang » a-t-il dit devant la Chambre des représentants de Prusse.

Ainsi il l’a fait. Après trois guerres en 1864, 1866 et 1870/71, la Prusse était l’Ètat allemand le plus grand et le plus puissant. L’Autriche était exclue, désormais elle se dirigeait vers ses territoires dans le sud-est et devenait l’Empire austro-hongrois.

Neuville, guerre franco-allemande
Neuville, guerre franco-allemande

Après la victoire de 1870-71, une vague de nationalisme enlevait même les états hésitants. En tant que plus haut rang, mais à contrecœur, le roi Louis II de Bavière a demandé à Guillaume 1ᵉʳ de Prusse d’accepter la couronne d’empereur d’Allemagne. Le 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces à Versailles, Guillaume 1ᵉʳ a été proclamé empereur d’Allemagne (1871-1888). L’Empire était un État fédéral composé de 25 états, 22 monarchies et trois villes libres de Hambourg, Lübeck et Brême, et aussi Alsace et la Lorraine.

Menzel, l'empereur Guillaume I et l'impératrice Augusta
Menzel, l’empereur Guillaume I et l’impératrice Augusta

Guillaume Iᵉʳ et Bismarck

L’unification de l’Allemagne a répondu aux souhaits de nombreuses personnes. Cependant, quelque 10 millions d’Allemands en Autriche alors vivaient en dehors de l’empire. C’est ainsi que la Prusse dominait à plusieurs égards. Elle avait de loin le plus grand territoire et la plus grande armée. Sur le plan politique, la couronne était héréditaire dans la dynastie des Hohenzollern, et le ministre-président de Prusse était à la fois le chancelier de l’Empire.

L’Allemagne n’était donc pas l’état démocratique pour lequel les révolutionnaires de 1848/49 avaient lutté. La constitution de 1871 donnait un grand pouvoir à l’empereur (en allemand : Kaiser) et au chancelier. Celui-ci était responsable devant l’empereur, ne pas devant le parlement, le Reichstag. En outre, en Prusse on appliquait un suffrage censitaire restrictif qui favorisait les plus riches et excluait la plus grande partie pauvre de la population.

« Gründerzeit » – époque des fondateurs

L’unification était un catalyseur pour l’économie de l’empire. Maintenant, on a unifié les mesures, les poids et les pièces de monnaie ainsi que la jurisprudence. Les réparations que payait la France apportaient une pluie d’argent dans le pays. On construisait des chemins de fer et de nouvelles usines, ainsi l’Allemagne devenait une puissance industrielle. Ceux qui avaient de l’argent achetaient des actions et se faisaient construire des maisons magnifiques.

Bien que les aristocrates dominaient sur le plan politique, c’est la classe moyenne riche bien éduquée qui marquait le19e siècle. C’est-à-dire les avocats, les médecins, les architectes, les fonctionnaires et surtout les entrepreneurs. Avec l’industrialisation, les propriétaires d’usines, les banquiers et les propriétaires du capital devenaient de plus en plus influents. Au bas de l’échelle étaient les ouvriers de l’industrie.

Révolution industrielle

De plus en plus de gens cherchaient du travail dans les usines : des artisans qui devaient cesser leurs activités, des ouvriers et les fils des petits agriculteurs dont la ferme ne nourrissait plus tous. Alors il y avait un nouveau segment de la population apparaissait : la classe ouvrière industrielle. Dans de nombreuses régions, des villes nouvelles apparaissent, par exemple dans la région de la Ruhr. Les conditions de vie et de travail étaient souvent misérables.

La crise économique mondiale de 1875a durement frappé l’empire, presque vingt ans de stagnation suivaient. Les petits artisans et commerçants avaient du déclassement social et beaucoup de gens perdaient leur capital. Entre 1865 et 1890 plus de 10 millions ont émigré aux États-Unis.

Les soucis des catholiques

Après l’exclusion de l’Autriche, la puissance catholique, les protestants dominaient dans l’Empire, d’autant plus que la dynastie de Hohenzollern et la plupart des membres du gouvernement étaient des protestants. En Rhénanie catholique, les tensions entre catholiques et protestants s’aggravaient. C’est ainsi que le parti catholique, le Zentrum, gagnait de plus en plus de votes.

Cependant, l’Église catholique n’était pas en paix. Les adeptes de la ligne papale strictement conservatrice luttaient contre les catholiques modérés et libéraux. Sous le Pape très conservateur Pie IX, la crise est devenue explosive. En 1864, il a publié le « Syllabus Errorum » et condamné toute idée différente de la sienne. En 1870, le premier concile œcuménique du Vatican a proclamé l’infaillibilité du Pape en matières de foi et de morale. Une minorité parmi les catholiques ont rejeté ce dogme et se sont rassemblé dans l’Église vieille-catholique. Les sanctions de l’Église catholique romaine ont suivi rapidement. En outre, elle a exigé que le gouvernement démissionnait les enseignants « indisciplinés ». Bismarck était alarmé, et pour cause. Les professeurs étaient des fonctionnaires de l’état, et il craignait que l’autorité du Pape devenait plus fort que celle de l’empereur. Alors il a refusé, soutenu par les libéraux et les vieux-catholiques.

Èpoque de Bismarck, Kulturkampf
Kulturkampf

« Kulturkampf »

Alors a commencé le « Kulturkampf » ou « combat pour un idéal de société » (1872-1880). Bismarck a promulgué une série de lois pour mettre fin à l’influence de l’Église catholique dans l’empire. Les archevêques de Cologne, Münster et Trèves ont été emprisonnés ou expulsés, laissant des évêchés et paroisses étaient vacants. De plus, les écoles et les ordres catholiques étaient interdites. Pourtant, la grande majorité des catholiques ne se rendait pas. Au contraire, des nouveaux ordres et abbayes, des hôpitaux, des orphelinats et des organisations caritatives apparaissent, et la presse catholique et Zentrum devenaient plus fortes. De toute évidence, le catholicisme est sorti renforcé du Kulturkampf. Par contre, même les alliés de Bismarck entre les protestants critiquaient ses méthodes et l’Impératrice Augusta le combattait.

Enfin Bismarck s’est rendu compte qu’il ne pouvait gagner ce combat. Quand le pape Pie IX est mort en 1878, il a négocié un accord avec le nouveau Pape plus modéré. Dans les années suivantes, plusieurs lois étaient assouplies.

En 1880, il y a eu une grande célébration à Cologne pour fêter l’achèvement de la cathédrale après 40 ans de travail. Elle devrait aussi sceller la paix entre l’État de Bismarck et l’Église catholique. L’empereur Guillaume Iᵉʳ et l’impératrice Augusta se sont rendus à Cologne pour assister aux célébrations. Cependant, l’atmosphère était froide et les tensions restaient.

Èpoque de Bismarck, procès contre les socialistes Liebknecht et Bebel
Procès contre les socialistes Liebknecht et Bebel

Les lois antisocialistes

Déjà en 1878, un autre conflit a commencé, c’était la lutte contre les socialistes. À cette époque, les socialistes dirigés par August Bebel étaient près du marxisme. Pour eux, l’état de Bismarck était l’ennemi de la classe ouvrière. Par conséquent, nulle coopération n’était possible, bien que Bismarck se rendait compte de la misère des ouvriers et voulait les aider.

Bismarck était déterminé à combattre les socialistes. Deux tentatives d’attentat contre l’empereur Guillaume Iᵉ lui servaient comme prétexte. Bien que les socialistes n’avaient rien à voir avec les attentats, il a imposé une loi au Reichstag. De 1878-1890, toutes les réunions et les manifestations étaient interdites, ainsi que des journaux et des livres, et de nombreux socialistes étaient emprisonnés ou déportés. Cependant, les épreuves endurées renforçaient la cohésion entre les socialistes, De plus, ils gagnaient de plus en plus de votes aux élections.

Lois sociales

Au même temps, Bismarck se rendait compte de que la classe ouvrière menait une vie dans des mauvaises conditions. Il considérait que son État avait le devoir de les aider. Contre une résistance farouche de la gauche et la droite, il a promulgué ses lois sociales. À l’époque, c’était le meilleur système de protection sociale dans le monde. Pourtant, il ne gagnait pas la classe ouvrière à son état.

Impérialisme

Tandis que la politique étrangère Bismarck visait à assurer l’Empire allemand en Europe, l’Angleterre, la France et la Russie avaient déjà des colonies en Afrique, Asie, Amérique du Sud et dans le Pacifique. Pour longtemps, Bismarck hésitait, mais enfin aussi l’Allemagne a établi des colonies au Togo, au Cameroun, Afrique de Sud-Ouest et Afrique de l’Est, dans le Pacifique Kaiser-Wilhelm-Land en Nouvelle-Guinée, l’archipel Bismarck et les îles Marshall.

À l’époque dans les Siebengebirge

Retournons au Siebengebirge. Beaucoup de gens avaient découvert les Siebengebirge pour leurs excursions et laissaient assez d’argent dans les hôtels, restaurants, etc. En 1883, le train à crémaillère au sommet du Mont Drachenfels, en allemand Drachenfelsbahn, a été mise en service, c’était le premier en Allemagne. Au même temps, le Baron von Sarter faisait construire son château Drachenburg. En 1888 une autre ligne au sommet du Mont Petersberg a suivi.

L’année des trois empereurs

Le 9 mars 1888, l’empereur Guillaume Iᵉʳ est mort juste avant son 91ᵉ anniversaire à Berlin, laissant son peuple en deuil. Son fils Frédéric III (1888) ne pouvait pas joindre la procession funèbre à travers de Berlin, parce qu’il souffrait d’un cancer du larynx incurable. Frédéric III est mort 99 jours plus tard, le 15 juin 1888, dans son Nouveau Palais bien-aimé dans le parc de Sanssouci à Potsdam.

Son fils Guillaume II (1888-1918) lui a succédé. Malgré tous ses mérites, le temps de Bismarck était terminé.

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