Rhénanie Prussienne

La Rhénanie autour de 1815. Alors notre région faisait partie du Royaume de Prusse sous le Frédéric-Guillaume III (en allemand Friedrich Wilhelm III., 1797-1840).

Le Rhin romantique et l’âge d’or de la culture

Les décennies après la victoire sur Napoléon étaient un âge d’or de la culture, de l’art et de la science.

Schinkel

Karl Friedrich Schinkel, le grand architecte et peintre, nous a donné de nombreux bâtiments du « Berlin classique ». En outre, il a pris soin de petits et de grands bâtiments et monuments à travers tout le territoire prussien. Dans la vallée du Rhin, le roi lui a confié la restauration du château fort Stolzenfels près de Coblence.

Le romanticisme découvre de Rhin

C’était le temps du Rhin romantique. Vers 1820, les premiers bateaux à vapeur naviguaient sur le Rhin. Un peu plus tard, un à un les lignes de chemin de fer apparaissent. Mont Drachenfels avec la ruine médiévale au-dessus a inspiré Lord Byron et Heinrich Heine, les deux lui ont dédié un poème. À l’époque, le jeune Heinrich Heine était étudiant à l’université de Bonn. Déjà il avait des ennuis avec les autorités prussiennes.

À l’époque dans les Siebengebirge

Au début du 19e siècle, les dommages causés aux Drachenfels étaient devenus alarmants. En 1826, une partie des murs de la ruine s’est écroulée. Deux ans plus tard, les autorités prussiennes ont ordonné l’arrêt des toutes les carrières au Drachenfels. En 1829, le Drachenfels a été classé comme monument historique et de ce fait mis sous ordonnance de conservation. En 1835, le gouvernement prussien a acheté la partie supérieure du mont Drachenfels avec la ruine, pour sa protection.

Vormärz – une période de restauration

Pourtant, en dépit de toute beauté et romantisme, c’était un temps d’oppression politique et de pauvreté extrême. C’est ainsi que l’on considère les années entre 1815 et 1848 comme « le temps de la restauration » ou bien « avant-mars » (en allemand Vormärz), se référant à la révolution du mars 1848.

Un état policier

Plus que tout autre, l’homme politique autrichien Metternich dominait cette époque. A ses yeux, la liberté d’opinion, la liberté de la presse et la liberté de réunion ainsi que la lutte pour l’unité nationale signifiaient agitation et une menace pour la sécurité. Par conséquent, lui et d’autres princes les réprimaient par force. Ils ont interdits les sociétés d’étudiants, en allemand « Burschenschaften », qui aspiraient à une nation allemande unifiée et plus des libertés. De plus, il ont mis les professeurs et les étudiants mis sous surveillance par l’Etat, et enfin ils ont censuré les journaux et les livres.

On peut bien dire que l’état de Metternich était un état policier. Lorsque le poème de Heine « Die Nacht auf dem Drachenfels » (la nuit sur le Drachenfels) a été publié, son œuvre était déjà été censuré. Des personnes suspectes étaient considérés démagogues et poursuivis. Parmi eux se trouvaient des hommes de grand mérite, comme l’homme d’État prussien et réformateur Freiherr von und zum Stein, le général Gneisenau et le professeur Ernst Moritz Arndt de Bonn.

1832

La révolution de Juillet en France 1830 faisait une différence en l’Europe. Le 27 mai 1832, quelque 25.000 personnes de toutes les couches sociales, parmi eux des Français, des Polonais et des Italiens, ont participé à une fête populaire, les manifestions politiques étant interdites, sur le château Maxburg à Hambach en Rhénanie-Palatinat. Acclamés par la foule, les parleurs exigaient les droits démocratiques et la fraternisation de tous les peuples libres. C’était du dynamite politique, et les autorités renforcaient la répression. Ils poursuivaient les libéraux et démocrates et censuraient la littérature et la presse de manière encore plus stricte.

Après avoir protesté contre la violation de la constitution, sept professeurs très respectés de l’université de Göttingen étaient expulsés de l’État de Hanovre, parmi eux le frères Grimm.

Misère noire et émigration

L’avant-mars était aussi un temps de grave pauvreté. Après 20 ans de guerre, en particulier la vie rurale est très dure. De nombreux terrains agricoles étaient ruinés, le revenu ne suffisait guère pour vivre. En outre, il n’y avait presque pas de soins médicaux et la mortalité infantile était très élevée. Après plusieurs mauvaises récoltes et l’année sans été 1816, l’Europe connaissait une famine. Désespérés, de nombreuses gens abandonnaient leurs villages et partaient pour l’Amérique du Nord.

Après la fin des guerres napoléoniennes, de plus en plus de produits industriels en provenance de l’Angleterre arrivaient en l’Allemagne. Ici aussi l’industrialisation commençait. À l’époque, beaucoup de gens travaillaient dans l’industrie à domicile, ils fabriquaient des clous et des couteaux, ils filaient et tissaient pour gagner leur vie. Aussi des familles d’agriculteurs à petite échelle dont les terres ne les nourrissaient plus faisaient un peu d’argent ainsi. Cependant, l’industrie à domicile n’avait aucune chance contre l’industrialisation à grande échelle.

L’industrialisation

Plus des machines étaient mis en service, plus de gens perdaient leur travail. Un métier à tisser mécanique remplaçait 200 travailleurs, c’était une catastrophe pour les tisserands, et ni des salaires de misère, ni le travail de femmes et même des enfants ne changeaient rien. De nombreux artisans tombaient dans la misère, en particulier ceux dont les produits étaient en concurrence avec les produits de l’industrie.

Des paysans appauvris et artisans sans emploi innombrables partaient pour les villes de l’industrie, dans l’espoir de trouver du travail dans les usines. Par contre, le grand nombre de demandeurs d’emploi baissait les salaires. Les conditions de travail étaient terribles, il n’y avait pas de lois pour protéger les travailleurs, et les conditions de vie étaient désastreuses. Malgré le travail le plus dure beaucoup de gens ne pouvaient pas gagner leur vie eux-mêmes. Nous parlons d’un temps de paupérisation.

Des poètes et écrivains écriveaient sur la grande pauvreté, parmi eux Heinrich Heine. Son poème nommé « Die Schlesischen Weber » (les tisserands silésiens) a fait hommage à la révolte des tisserands silésiens, écrasée par le militaire prussien. Le gouvernement prussien l’a vite interdit. En 1844, il a écrit « Deutschland. Ein Wintermärchen » (l’Allemagne. Un conte d’hiver). Alors la police le recherchait.

Révolution allemande de 1848

La révolution du février en France a rendu l’espoir aux démocrates en Allemagne. La misère sociale et la rage contre la politique de restauration ont déclenché la révolution du Mars en 1848.

Dans de nombreuses villes, les gens défilaient dans les rues avec des drapeaux noir-rouge-or, exigeant l’unité nationale, la liberté de la presse, la liberté de réunion, l’armement du peuple et un parlement national allemand pour représenter tous les citoyens, et ne pas seulement les nobles. Cependant, la plupart des Allemands acceptaient une monarchie constitutionnelle.

Mars 1848

Pris par surprise, les monarques des états allemands petits et moyens ont cédé. Le Bundestag a relevé la censure de la presse et déclaré le noir-rouge-or comme drapeau national. A Vienne, le chancelier Metternich a dû s’enfuir vers Londres. A Berlin, la révolte a bouleversé le roi Frédéric-Guillaume IV. Pourtant, le 18 Mars, il a promis une constitution et un gouvernement libéral à son peuple. En Mars 1848, la révolution a triomphé.

L’Assemblée nationale

Pour la première fois, il y a des élections libres pour une Assemblée nationale pour l’Allemagne entière. L’entrée des parlementaires dans l’église Saint-Paul (Paulskirche) à Francfort le 18 mai 1848 était un grand jour. L’Assemblée nationale avait des tâches énormes, mais sa position était faible dès le début, et elle n’avait pas de pouvoir exécutif. Les princes allemands avaient cédé seulement pour le moment. Néanmoins, la plupart d’entre eux, en particulier les grandes puissances Prusse et l’Autriche, n’avaient pas accepté la victoire de la révolution. Pendant que l’Assemblée nationale discutait une nouvelle constitution, elle était dépassée par la réalité. Les combats continuaient et à la fin de l’année 1848, les anciennes puissances ont reconquis leurs territoires et leur puissance.

1849

Enfin, au printemps de 1849, l’Assemblée nationale a adopté la constitution qui ferait de l’Allemagne une monarchie constitutionnelle. Une délégation est parti pour offrir la couronne à Frédéric-Guillaume IV de Prusse. Pourtant, il était déjà trop tard car à Berlin et a Vienne, les forces monarchistes avaient gagné. Ils ont forces l’Assemblée nationale de se dissoudre.

Alors les révolutionnaires, avant tout en Saxe, Bade, Rhénanie, Westphalie et Palatine voulaient forcer les princes d’adopter la constitution, les démocrates ont pris les armes. Mais des troupes prussiennes sous le prince Guillaume ont vite écrasé les insurrections, ils ont tuent de nombreuses personnes en bataille et exécuté les vaincus.

Schurz et Kinkel à Bonn

Dans notre région, il y avait aussi des clubs démocratiques. À Bonn, les espoirs des démocrates reposaient sur le professeur Gottfried Kinkel et son étudiant Carl Schurz. La nuit du 10/11 mai 1849, ils sont allés avec 120 citoyens vers l’arsenal de Siegburg pour y prendre les armes de la Landwehr (milice citoyenne), mais l’opération a échoué. Puis Schurz et Kinkel sont partis our Bade pour joindre les révolutionnaires. Kinkel a été blessé et capturé par les soldats prussiens, Schurz a réussi à fuir au dernier moment.

Plus tard, Schurz a liberé Kinkel de la prison, les deux se sont enfuit à Londres. En Juillet 1852, Carl Schurz a émigré aux États-Unis où il est devenu un grand homme d’État et ami du président Abraham Lincoln.

La période réactionnaire

De nouveau les autorités ont décreté une censure stricte de la presse et interdit des réunions. Deshormais, les démocrates vivaient en peur de perquisitions de maisons, d’espionnage, de confiscations, même harcèlement de la police et arrestation. La Constitution prussienne, imposée par le roi Frédéric-Guillaume IV, était très restrictive. La chambre haute, « Herrenhaus » était nommée par le roi. La Chambre des Députés, le « Landtag » était élue par les hommes Prussiens. Cependant, leurs votes n’avaient pas le même poids. Selon le montant des impôts payés, les électeurs étaient divisés en trois classes. En conséquence, peu d’électeurs ayant des revenus élevés et, par conséquent, une quantité considérable des impôts payés, avaient plus d’influence politique que la plupart de la population avec peu ou pas de revenus.

Rhénanie Prussienne et empire Allemand
Rhénanie Prussienne | L’époque Bismark | Le temps de Guillaume II

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